C'était il y a longtemps pour nous, une ancienne génération, beaucoup moins de technologies, moins de moyens, une vie moins facile, mais ils étaient aussi heureux, si ce n'est plus ... Nous ne nous contentons jamais de ce que nous avons en notre possession... Plus ! Plus ! Plus, toujours plus, sans se rendre compte de tout ce que l'on a déjà. Cette ancienne génération aurait eu ne serait-ce qu'un dixième de ce que nous avons nous, elle aurait été la plus heureuse... Hein Pépé, tu me le disais souvent... " Mais voyons Camille, nous n'aurions eu qu'une des choses que vous avez vous, nous l'aurions vénérée, contente toi donc de ce que tu as, c'est déjà beaucoup " Je ne comprenais pas, j'étais petite, maintenant, j'ai compris... Et oui pépé, le monde change, et parfois je me dis que tu as de la chance de ne plus être là [ même si tu me manques... ], le monde te décevrai, même moi qui vie dedans et qui ai grandi comme ça, je ne l'aime pas... Les gens sont superficiels, menteurs, vicieux, racistes... Juste une société remplie de préjugés et de stéréotypes... Bref un monde qui est tombé bien bas. D'accord, vous vous avez eu la guerre, quoi de plus terrible ?! Mais après, tu as eu une vie heureuse, à St Maïme, la chasse, les chèvres, les moutons, les gosses... Vous riez beaucoup malgré le peu que vous aviez, maintenant, plus personne ne rit, même pour le double. Ils ne se rendent pas compte... Il m'arrive souvent de rêver d'avoir grandie à ton époque. Oui, la vie était dure, mais quand tu grandis dedans, que tu connais que ça, elle te paraît bien, agréable, et surtout, tu es heureux. Ici, je ne suis pas heureuse, envie de partir loin, très loin, de vivre ma vie comme je l'entends. Tu me manques, Grand-Père, tes chansons, tes phrases, et surtout tes histoires... Toutes ces tonnes d'histoires que tu n'avais de cesse de me raconter. Je les connaissaient par c½ur, tu me racontais souvent les mêmes, mais je ne m'en plaignais pas, je les aimaient tant... Le temps est passé, je ne m'en souviens plus vraiment, et je le regrette... Ta vie n'a pas été facile, loin de là... Je me souviens encore un peu de tes chansons, et aussi des poèmes que tu connaissait lol. Victor Hugo remixé façon toi, qu'est ce qu'on pouvait rigoler... Parfois, c'était sérieux... Les histoires, ta vie... Nancy, la guerre, la fuite à vélo, la résistance, les gens qui mourraient autour de toi... Je me souviens d'une anecdote que tu m'avais raconté, une fois, et juste une fois, les soldats été venus, ils cherchaient un juif. Il était chez vous, vous l'aviez accueilli et caché, puis les soldats sont arrivés, ils ont dit qu'ils se fichaient de savoir si l'homme était là ou non, et qui c'était... Il devaient tuer quelqu'un, il prendraient le premier qui venait. C'est toi qu'ils ont pris... Mais par bonheur, vous avez eu 'idée de leur offrir le repas, et le vin ! Ils étaient tellement bourrés à la fin du repas qu'ils sont repartis avec la bouteille, ne laissant pas la mort derrière eux... Tu as eu de la chance, beaucoup de chance, et je crois que cette histoire je m'en souviendrai. Ne pas s'opposer si l'ennemi est plus fort, il suffit juste de ruser, les chances de réussites seront beaucoup plus élevées... Ensuite, vous avez quittés St Maïme pour vous installer dans le village lui-même : Trigance. Je me souviens, petite, quand je montais te voir, nous jouions aux dames... Je perdais tout le temps =)... Tu ne trichais pas, sauf aux cartes... Tu prétendais toujours oublier la règle quand nous jouions à un jeu. Tu mélangeais les cartes, tu les regardaient, je m'énervais, je hurlais, et toi tu était mort de rire, tu te foutais de moi... J'essayais de prendre l'air vexée, mais je finissait toujours pas rire avec toi, et nous reprenions la partie. Au final, je n'aurai jamais réussi à te battre aux dames, va savoir... Une chose est sure, maintenant, je me débrouille assez bien, grâce à toi ! J'aurais encore trop à dire sur toi, alors je me stoppe. Je voulais juste écrire ceci pour me souvenir encore plus de toi, être sûre... Et montrer au peu de personnes qui liront que nous devrions nous réjouir de tout ce que nous avons, pas en vouloir plus, car c'est déjà énorme... Merci, Grand-Père, merci pour cette magnifique leçon de vie donnée à tout ceux qui ont vécus à tes côtés. Tu m'as apporté beaucoup, plus que tu ne le pensais. Je ne t'ai jamais vraiment remercié, je le regrette. Tant pis, le passé, c'est le passé, tournons-nous vers le futur, mais n'oublions pas nos erreurs passées pour ne pas reproduire les même, et pouvoir ainsi rendre cette vie aussi belle que possible...
Tu nous manques. Beaucoup. Je t'aimais, et je me souviendrai de toi, je te le jure... Et je ne serai pas comme eux, Juré aussi !